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Forges-les-Eaux, son patrimoine

Halle Baltard

Pavillon dit Baltard dont l’architecture d’origine évoque les fameuses halles de Paris construites par Baltard.
Victor Baltard, né à Paris le 10 juin 1805 et mort à Paris le 13 janvier 1874, est un architecte français qui a exercé à Paris sous le Second Empire. Il est particulièrement célèbre pour les Halles de Paris qu’il a réalisées entre 1852 et 1872. Celles-ci ont été démolies en 1972-73 à l’exception d’un des pavillons (le "Pavillon Baltard") qui a été classé monument historique et a été remonté à Nogent-sur-Marne. On lui doit la restauration de différentes églises et plusieurs sépultures.

L’architecte (nom inconnu) qui œuvra à Forges, s’inspira largement de son confrère et de la mode de l’époque.
C’était le lieu du marché aux cochons ou aux veaux essentiellement.
Elle fut fermée sur ces 4 cotés dans les années 1970 afin de servir d’entrepôt à une entreprise locale.
Aujourd’hui seule la structure métallique encore visible rappelle l’architecture XIXème. Elle abrite une partie du marché le dimanche matin et le marché de Noel  le 2eme we de décembre depuis 1999.

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Théâtre municipal

Edifice public construit en 1913 en brique rouge et peinte.

Cet établissement a servi pendant de nombreuses années de lieu de spectacle, bals populaires, théâtre, concert…

Après la Seconde Guerre Mondiale, il dut être restauré et de nos jours il est utilisé occasionnellement par les associations locales pour diverses animations.

L’intérieur avec son balcon, sa scène conserve un certain charme désuet. 

Musée de la Résistance

Situé dans un ancien relais de poste du XIXème siècle, le musée de la résistance et de la déportation présente une superbe collection d’objets et de témoignages locaux. Les faits de résistance  locaux, les parachutages d’aviateurs anglais, l’intervention d’habitants brayons pour aider les parachutistes… y sont relatés ainsi que la manière de vivre des brayons à cette époque.

Forges-les-Eaux fut occupée par l’armée allemande pendant ces années et abrita les bureaux de la kommandantur allemande dans l’Hôtel Continental, l’établissement thermal et le casino furent transformés en dépôt de munition.

La ville fut libérée le 31 aout 1944 par les Canadiens. Chaque année, à cette date la ville fête cet évènement.

 

 

Hôtel de ville

La ville de Forges-les-Eaux possède un hôtel de ville partiellement historique.
Au XVIIème siècle, la bâtisse initiale  était la propriété de la Famille Levaillant qui y accueillit le roi Louis XIII, la reine Anne d’Autriche et le cardinal Richelieu lors de leur séjour en 1633.

Réputée pour ses eaux ferrugineuses dont on disait qu’elles soignaient l’anémie et la stérilité, la Reine qui ne parvenait pas à donner d’héritier au royaume, décide de venir profiter des bienfaits des sources.
Forges-en-Bray (nom de la ville à cette époque) n’étant pas le lieu d’une seigneurie, il n’y avait pas de château pour accueillir les hôtes royaux.
C’est donc la plus belle maison de Forges qui fût réquisitionnée : celle de Monsieur Levaillant, Maître verrier de son état.
Cette cure eut un effet bénéfique sur la santé des célèbres curistes puisque quelques années plus tard, Anne d’Autriche mit au monde Louis XIV et la ville devint ainsi « Forges-les-Eaux » par décret royale.

Au XIXème siècle, la bâtisse était la propriété de Jules Thiessé (1833 1912), député, descendant des Levaillant.
Il fit démolir et reconstruire la partie située le long de la place Brévière. Seuls furent conservés l’Oratoire d’Anne d’Autriche et le Corps de Garde situés côté parc. A sa mort, la maison fut léguer à l’Université de Paris.
En 1933, après expropriation, la ville récupéra la maison et en fit l’Hôtel de ville de la commune, pour remplacer la mairie qui se trouvait jusqu’alors à l’emplacement de la poste actuelle. Plusieurs transformations furent opérées dont le plaquage de la façade blanche côté ville pour démarquer la mairie des autres bâtisses de la place, construction du clocheton avec l’horloge, blason de la ville représentant le marteau et l’enclume.

Côté ville, la façade blanche est caractéristique de cette période année 30 et côté parc, le XIXème et le XVIIème se côtoient.

Parc de l'hôtel de ville

Après avoir passé sous le porche de la mairie, on découvre le parc  de l’Hôtel de ville, appelé aussi Parc Mondory. Agréable espace boisé aménagé autour d’une fontaine centrale.

Pavillon Anne d’Autriche et Corps de garde

De chaque côté de la mairie subsiste  deux vestiges de la maison Levaillant du XVIIème siècle.
Sur la droite, on peut découvrir l’élégant oratoire d’Anne d’Autriche et juste en face, le corps de Garde ou étaient cantonner les Mousquetaires du Roi en 1633.

Ces deux bâtiments évoquent les matériaux de construction que l’on utilisait dans la région à cette époque :
En bas de l’habitation plusieurs rangées de grès étaient disposées pour protéger la maison de l’humidité du sol (le mot « Bray » signifie boue en vieux français)
Ensuite avec le bois de la forêt de Bray, l’armature en colombage était disposée de manière plus ou moins fantaisiste en fonction des finances du propriétaire.
Ce dernier était garni de brique que l’on fabriquait en Pays de Bray depuis des siècles grâce à l’argile présente en sous-sol.
La partie médiane et l’aile droite sont du XIXème à l’époque de la reconstruction du Député Thiessé.

A l’occasion du séjour royal, un théâtre  fut installé dans le jardin de la maison Levaillant dans lequel l’acteur Mondory joua les pièces du jeune écrivain Rouennais Pierre Corneille. C’est ainsi que le talent du jeune auteur fut remarqué par le Cardinal Richelieu. En souvenir le parc porte le nom du célèbre comédien qui contribua à la révélation de Corneille.

 

 

 

Le Cellier

Au fond du parc, à gauche, on découvre un  cellier qui abrite un pressoir à longue étreinte du XVII XVIII siècle (ne se visite pas). Ce bâtiment a été acheté dans une ferme des environs à la fin des années 1980 et rebâtit à cet endroit dans le but d’abriter le pressoir acquis à la même époque.

La petite statue en bronze est un cadeau d’un artiste de Battice (Belgique) pour fêter l’anniversaire du jumelage Forges/ Battice qui date de 1961.

Collection de Faïences

Au 1er étage de la mairie, dans la superbe salle des mariages, on découvre  la très belle collection de faïences de Forges-les-Eaux dite « Vieux Forges » (visite uniquement sur rendez-vous du mardi au vendredi auprès de l’Office de Tourisme).
Pendant des siècles, on fabriqua en maints endroits du Pays de Bray des poteries grossières. Ses bois, son argile, ses sources qui affleurent le sol, ont toujours donné aux céramistes potiers de quoi exercer leur art depuis l’époque gallo-romaine.
De nombreuses faïenceries du nord de la France avaient pris l’habitude de venir s’approvisionner dans la région de Forges-les-Eaux.
C’est en 1797 qu’un anglais nommé Georges Wood fonde à Forges-les-Eaux la première faïencerie. Il avait appris son métier de céramiste à Douai et Chantilly.
La production forgionne  était  populaire. Elle répondait aux gouts et aux attentes d’une clientèle qui allait de la petite bourgeoisie pour les plus beaux plats, aux paysans brayons qui venaient acheter tout simplement sur les marchés la vaisselle de tous les jours.
On distingue ainsi deux catégories de faïences : les faïences fines (dites Terre de pipe) et les faïences épaisses dites culs noirs (faïence stannifère).

La faïence fine était réalisée avec de l’argile blanche, d’un blanc crème dit « terre de pipe » car cette argile servait aussi à la fabrication de pipes.
Les pièces sont généralement réalisées au moule et les décors au pinceau  et à l’éponge. Les bords sont souvent entourés d’un trait noir de manganèse. L’éponge est utilisée en décoration sur les marlis ou pour imiter les feuillages des arbres. Ce décor à l’éponge est l’une des spécialités de Forges.

La faïence épaisse dite « cul noir » est réalisée avec de l’argile grise. Elles sont appelées culs noirs car le dessous des pièces était recouvert d’un émail brun foncé que l’on obtenait en utilisant de l’oxyde de manganèse, employé pour sa robustesse et la modicité de son prix de revient. Elles sont craquelées.
La faïence fine plus raffinée était plutôt destinée à une clientèle aisée alors que la faïence épaisse, plus grossière, trouvait ses débouchés auprès des habitants plus modestes.
On a compté jusqu’à 5 faïenceries à Forges-les-Eaux toutes situées Avenue des Sources, la dernière cessa son activité en 1890.
Seul subsiste aujourd’hui au n°27 de l’Avenue des Sources, un des bâtiments de la faïencerie de Georges Wood, transformé en habitation privée.
Après la cessation d’activité, la quasi-totalité des faïenceries, ateliers… furent détruits pour laisser place à de nouvelles constructions.
Les différentes vitrines exposées permettent d’apprecier un bel aperçu de la richesse de ces faïences, de leur spécificité. 

 

 

 

Musée des maquettes

Le bâtiment qui abrite ce musée est composé d’une partie ancienne (gauche) : ancienne écurie de la maison Levaillant et d’une partie récente qui a abrité le musée de la Résistance.
Dans les années 1970, Monsieur et Madame Guyot, quincailliers dans la région parisienne, s’installent à Forges-les-Eaux pour leur retraite.

Rapidement pour s’occuper, ils vont réaliser durant les 16 années de leur retraite plus d’une centaine de maquettes avec des matériaux de récupération, représentant tous les métiers de nos campagnes du XIX aux années 50.
Ces maquettes sont superbement mises en valeur dans le musée par les panneaux muraux qui représentent des paysages normands créant ainsi un endroit unique et surprenant. Ces peintures sont l’œuvre de Monsieur Alemani. La plus part des paysages, villages ou maisons représentées sont inspirés du Pays de Bray.

Place Brévière

Place principale de la commune autour de laquelle commerces, cafés, restaurants animent le centre-ville.
Elle fut d’abord occupée par une église dédiée à Saint Nicolas et un cimetière dès le XIIème siècle.
Cet édifice saccagé à la Révolution resta longtemps en ruines avant d’être démoli en 1824.

Après la venue de Louis XIII  en 1633, cette place fut d’abord baptisée Place Royale en souvenir.
Après la disparition de l’église Saint Nicolas, elle devint Place du Marché, puis la place de la Halle après l’édification d’une halle au beurre détruite en 1946.
Enfin elle devint Place Brévière lors de l’inauguration du Buste du graveur en 1873, buste qui fut réquisitionné par les Allemands en 1942 pour être fondu.

Aujourd’hui cette place est toujours dédiée  à Louis Henri Brévière. Né à Forges-les-Eaux en décembre 1797 rue des Fées, cet homme rénova la gravure sur bois en France, fut nommé directeur des travaux de l’imprimerie Nationale. Il décède quasiment ruiné dans le sud de la France en 1869.
Son buste en bronze trône fièrement au fond de la place. Il est l’œuvre du sculpteur Bésus, inauguré en 1993.
Tous les ans le 1er dimanche d’octobre, la ville fête Brévière, devenu fête municipale.

Rue des fées

Dans cette rue se trouve la maison natale de Louis Henri Brévière, maison dite du Père Uger (n°… de la rue).
C’est l’une des plus anciennes maisons de la ville de Forges-les-Eaux, initialement construite en grès ferrugineux, en torchis et avec un toit de chaume. Une jolie plaque de faïence commémorative, œuvre du potier Alexandre Audel, s’affiche en façade.

Cette rue devait conduire à des bois mystérieux peuplés de fées. La légende raconte qu’au cours d’une fête l’une d’elle incita un certain Uger à danser et pour le remercier lui offrit une bouteille de cidre. Celle-ci ne serait jamais vide tant qu’il garderait le secret. Mais Uger finit par révéler  le secret de la divine bouteille et elle resta vide pour toujours !

Rue de l'Abbé Féret

Au n°9 de la rue de l’abbé Féret, on découvre une très belle bâtisse du XVIIème siècle. Il s’agirait de l’ancien presbytère de la commune.
Ces matériaux sont typiques de l’architecture de cette époque : utilisation du grès dans la partie basse pour protéger de l’humidité (n’oublions pas que le mot « Bray » en vieux français signifie  « boue »), structure en colombage (bois de la forêt de Bray) puis utilisation de la brique.

Cette rue doit son nom au prête qui est à l’initiative de la construction de l’église actuelle au XIXème siècle. 

 

Rue de la République

Appelée Grande Rue jusqu’en 1902, on y remarque de belles façades restaurées à colombages datant du XVIIIème siècle, construites avec les matériaux locaux : grès, bois et brique. A l’origine les toitures étaient en chaume. Celui-ci fut interdit après un incendie au XVIIème qui ravagea une grande partie de la ville, remplacé ensuite par la tuile puis l’ardoise au XIXème siècle.

La grande bâtisse blanche, l’école du Sacré Cœur au n°17 a été fondée en 1826 à l’initiative de Mme de Caulaincourt dont l’époux était  homme politique du 1er Empire, fidèle de Napoléon Bonaparte. Veuve très jeune, elle consacra son bien aux donations et œuvres de bienfaisances. Elle fonda ainsi cette école pour l’instruction des jeunes filles, qui deviendra école du Sacré Cœur.

C’est encore aujourd’hui une école primaire privée mixte dont la cour interne offre une magnifique vue sur la campagne forgionne (visible uniquement quand le porche est ouvert). Une plaque en façade relate la création de cette école par Mme de Caulaincourt.

Rue du Torquesne

Certainement l’une des plus anciennes rues de Forges-les-Eaux. Son nom viendrait du fait qu’à l’époque des Gaulois cette rue menait à la forêt de Bray, qui se trouvait aux portes de Forges, et dans laquelle les druides célébraient leur culte au Dieu Thor, dieu du tonnerre souvent matérialisé par un chêne (étymologiquement « le chêne Thor »).

Aujourd’hui des petites maisons basses construites à l’origine en torchis rappelle l’ancienneté de cette rue.

photo rue du Torquesne

Place du Général de Gaulle

Nommée Place Verte, Place de l’église, elle est dédiée aujourd’hui au Général de Gaulle en mémoire de son passage dans notre commune en octobre 1944, après la libération de la Normandie.

Au fond  cette place trône l’église saint Eloi. Au début du XIXème siècle, se trouvait sur cette place la seconde église de Forges construite rapidement pour remplacer l’église Saint Nicolas de la Place Brèvière. Cet édifice comportait de nombreuses malfaçons et dut être rasé rapidement.
Cette église fut remplacée par l’église actuelle à la fin du XIXème siècle.

Le monument aux morts, situé au centre de la place, a été édifié en 1921, entouré de 4 obus il représente un poilu blessé assit sur le sol. Sur une des faces du monument figurent les armes de la ville, un drapeau et l’inscription suivante : A ses glorieux morts la Ville de Forges.

Eglise Saint Eloi

C’est le 4ème lieu de culte chrétien édifié par les Forgions.

Chapelle Saint Eloi : le premier lieu de culte connu dans la commune était situé au n°35 de la rue de la République. Il subsiste aujourd’hui  quelques murs en grès ferrugineux dans les caves de la maison.
Saint Eloi est le patron des orfèvres mais aussi de tous les ouvriers faisant usage du marteau. L’activité à Forges étant essentiellement liée à cette époque à l’extraction et au traitement du minerai de fer, il n’est pas surprenant que Saint Eloi fut choisi comme Saint Patron de la ville.

La première véritable église fut construite au XIIème siècle au niveau de la place Brévière actuelle. Dédiée à Saint Nicolas, elle était de style roman et entourée d’un cimetière. Elle fut en partie reconstruite au XVIème siècle. Elle fut entièrement démolie en 1824. Aujourd’hui sur cette place, il ne subsiste rien de cet édifice.

La seconde église fut érigée rapidement et à bon marché sur la partie haute de la place du Général de Gaulle actuelle. Erigée rapidement et à bon marché, des malfaçons entrainèrent de longs procès, puis la démolition de l’établissement.

L’église actuelle a été  édifiée de 1876 à 1878, elle est en brique et pierre en style néogothique avec un clocher axial et frontal. L’intérieur très éclairé ne manque pas d’harmonie et majesté. Ses vitraux, disposés de manière instructive, représentent des scènes de l’Ancien et Nouveau Testament.

Un petit livre « L’église Saint Eloi de Forges-les-Eaux 1878 1978 » publié en 1978 offre une large description de l’édifice (en vente à l’Office de Tourisme).

 

 

 

La Maison Beaufils

Située au 11 Avenue des Sources, au fond d’une allée pavée de grès, cette superbe villa était la propriété de Mr et Mme Beaufils, notaire de Forges-les-Eaux. Cette demeure était entourée d’un parc et d’un lac aujourd’hui disparu. L’allée permet d’aller jusqu’au camping municipal en passant à proximité de la maison de retraite de Forges les Eaux : la fondation Beaufils.
Les Beaufils étaient  amis avec la Famille Flaubert.
Ainsi en 1848 avec les émeutes de la révolution de Juillet (causées par la fin du règne de Louis Philippe), toutes les grandes villes françaises sont en émoi.

Flaubert, sa mère et la petite Caroline (nièce de Flaubert) décident de quitter leur propriété de Croisset et de prendre refuge chez leurs amis de Forges. C’est en réalité surtout pour raisons familiales que la Famille Flaubert arrive à Forges. Le père de la petite Caroline (sa mère, elle aussi prénommée Caroline, sœur de Gustave, était morte en couche) Emile Hamard qui avait fui à l’étranger après la mort de son épouse. Instable psychologiquement, il souhaite récupérer sa fille. D’où la nécessité de quitter Croisset, en attendant de trouver une solution juridique.
Profitant de son séjour dans la région, Flaubert y trouvera l’inspiration pour l’un de ses plus célèbres romans : Madame Bovary.

L'Avenue des Sources

L’avenue des sources  fut successivement appelée Allée des Capucins, Rue Royale, Rue des Fontaines, Rue des Eaux Minérales et enfin Avenue des Sources.
Jusqu’au XVII XVIII la ville de Forges s’arrêtait au niveau de l’église actuelle. Quelques habitations bordaient ce chemin de terre qui permettait d’accéder aux eaux ferrugineuses situées dans la campagne en bas de la ville. Cette allée était bordée d’arbre et servait de promenade.

Le plan de Forges représenté par la gravure de la collection Gaignières de 1696 (bibliothèque Nationale) nous permet de voir à quoi ressemblait le plan de la ville à cette époque : 3 grands espaces
-          Le centre du Bourg
-          Le Couvent des Capucins et son grand Parc
-          Le bas de la ville avec ses eaux ferrugineuses.

En effet, entre les n°22 et 32 de cette avenue, se trouvait le Couvent des Capucins. C’est le Duc de Longueville Gouverneur de la Normandie qui en 1630 1631 offrit ces terrains à une communauté de moines capucins pour qu’elle puisse s’établir définitivement à Forges et offrir ainsi aux buveurs d’eau de passage un lieu de prières. Une chapelle, des bâtiments conventuels et un grand parc furent ainsi aménagés.

Pendant plusieurs années, cet établissement fut le lieu incontournable de Forges-les-Eaux. Les curistes s’y rendaient pour prier, converser dans le grand jardin et surtout assister aux réjouissances proposées par les moines : jeux, spectacle, théâtre, bal….

Saccagé à la révolution française, il fut vendu comme bien national en 1791, abrita la gendarmerie à partir de 1793 puis en 1826 Madame de Caulaincourt souhaitait en faire  un établissement pour les personnes se destinant au sacerdoce. Ce fut finalement une école ou les frères des écoles chrétiennes donneront gratuitement l’instruction aux enfants du pays. De ce passé subsiste aujourd’hui ces grands bâtiments en brique rouge datant de l’école des frères, la façade sur laquelle se trouvent deux niches abritant deux statues religieuses et la plaque commémorant la bienfaitrice Madame de Caulaincourt.

 

 

 

Pont de Charleval

Cette ligne de Charleval fut mise en place pour desservir la vallée de l’Andelle. Elle desservait Forges-les-Eaux/ Serqueux à Charleval dans l’Eure. C’était une ligne à voie unique comportant 9 gares dont celle de Forges-les-Eaux baptisée Forges Thermal par sa proximité avec l’établissement thermal, elle fut opérationnelle au début du XXème siècle. Elle permettait de transporter le lait, pommes, bois… Peu rentable, elle fut fermée au public en 1938, connut de nouveau quelques activités pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle fut définitivement fermée en 1969.

Aujourd’hui cette ancienne ligne a été transformée en chemin de promenade reliant Forges-les-Eaux à Dieppe, il s’agit d’un projet européen baptisé « Avenue Verte » dont l’objectif final est de relier Londres à Paris à pied, en vélo et roller…
Le pont de Charleval, à double voute en brique, permet le franchissement de l’Avenue des Sources.

Porte de Gisors

Cette majestueuse façade située à proximité du Casino provient de la ville de Gisors dans l’Eure.
A l’origine, c’était la façade de la chapelle du couvent des Carmélites construit au XVIIème à Gisors. L’édifice fut bâti à l’initiative de François Sublet, ministre de Louis XIII pour sa fille qui entrait dans les ordres.

Après la Révolution Française, ce bâtiment fût transformé en théâtre municipal et bombardé pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Jacques Hébertot, propriétaire du Casino de Forges dans les années 1950, acheta à la ville de Gisors le dernier vestige encore intact et l’érigea dans la ville de Forges-les-Eaux dans le but de recréer un certain décor historique. C’est aussi le cas de la façade qui est située actuellement dans le parc de la piscine municipale. Malheureusement l’origine de cette façade est plus incertaine, on dit qu’elle proviendrait d’un pavillon de chasse ayant appartenu à Madame de Maintenon, sans aucune certitude.

Hôtel Continental

Il s’agit du plus ancien hôtel de Forges-les-Eaux construit dans les années 1870. A l’époque il s’agissait d’un des bâtiments les plus modernes de la ville, équipé de l’eau chaude et l’électricité au gaz à tous les étages.
Son architecture en forme de chalet évoque les constructions qui se développent dans les villes d’eau à la fin du XIXème ou l’architecture de villégiature prend tout son essor.

Pendant la Première Guerre Mondiale, la ville ayant été réquisitionnée par la Croix Rouge et transformée en ville hôpital, il abrita un hôpital franco anglais, puis durant la Seconde Guerre Mondiale, l’armée Allemande y installa les bureaux de la Kommandantur allemande.

Villa Richelieu

Cette jolie villa en brique et bois peinte aux couleurs pastelles porte le nom de Villa Richelieu.
Il s’agit d’un pavillon qui fut construit en 1867 à Paris à l’occasion de l’Exposition Universelle. Il s’agissait du pavillon Suisse.

A la fin de l’exposition, cette bâtisse  entièrement démontable comme tous les pavillons d’exposition fut offerte à la ville de Forges-les-Eaux en prévision d’un séjour  de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.
Ironie de l’histoire, la proximité de la statue du Cardinal Richelieu fit qu’on lui donna quelques temps plus tard, le nom de Villa Richelieu !

 

 

Statue du Cardinal Richelieu

Cette statue en bronze du Cardinal Richelieu nous accueille à l’entrée de Forges-les-Eaux au pied du Casino. Elle est l’œuvre du sculpteur Hippolyte Lefèvre. Elle est la propriété de la Sorbonne, prêtée à la ville.

Cette sculpture évoque ainsi la venue du Cardinal Richelieu dans notre commune en juin 1633 accompagnement le Roi Louis XIII et la Reine Anne d’Autriche.

Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac, né le 9 septembre 1585 à Paris et mort le 4 décembre 1642 dans cette même ville, est un ecclésiastique et homme d'État français, pair de France et le principal ministre du roi Louis XIII.

Initialement destiné au métier des armes, il est contraint de rentrer dans les ordres afin de conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon. Temporairement ministre des affaires étrangères en 1616, il est cardinal en 1622 et principal ministre de Louis XIII en 1624. Il reste en fonction jusqu'à sa mort, en 1642 ; le cardinal Mazarin lui succède.

Casino et ancien parc thermal

Cette partie basse de Forges est communément appelée « ancien quartier thermal ».

Le casino : Le tout premier casino fut édifié au début du XIXème siècle. En 1872 cet établissement fut rasé pour en construire un mieux équipé et répondant aux attentes de la clientèle de l’époque.
Malheureusement ce superbe édifice dont on peut voir sur d’anciennes cartes postales à quoi il ressemblait, fut détruit par un incendie en 1896.
Celui d’aujourd’hui a été inauguré en 1902 1903 et énormément réaménagé (façade à la manière des temples grecques) dans les années 1950 quand il est devenu la propriété de Jacques Hébertot.
Aujourd’hui il appartient au groupe Partouche et fait partie des 15 premiers casinos de France, réputé pour ses machines à sous et ses jeux traditionnels.

En ce qui concerne le premier établissement thermal, il apparait assez tard. En effet jusqu’alors, la station fonctionnait avec une simple buvette, sorte de bassin en plein air divisé en 3 compartiments : Reinette, Royale, Cardinale... Les eaux étaient réputées être bénéfiques en absorption uniquement.
Le premier établissement vit ainsi le jour vers les années 1840. Il fut détruit en 1872  et un bâtiment plus moderne, offrant des prestations de qualité fut réaménagé. C’est ce bâtiment qui sera occupé pendant la seconde Guerre Mondiale et malheureusement saccagé. Rasé à la libération, on le remplaça par un kiosque. Cette solution, provisoire à l’origine, perdurera jusqu’à la fin de la station thermale.

Ce kiosque toujours visible dans le parc du Casino avec ces carrelages bleus, a été surnommé lors de sa construction la soucoupe volante. Après la Guerre et ce jusqu’au début des années 1980, c’est autour de cette rotonde que les curistes venaient boire la Reinette, la Royale et la Cardinale.
Aujourd’hui les robinets sont fermés. Forges-les-Eaux n’est plus classée Station Thermale.

A proximité du kiosque et de la statue du Cardinal Richelieu, on aperçoit une grille en fer forgée qui encadre un escalier. Celui-ci permet d’accéder au trois bassins souterrains de la Reinette, la Royale et la Cardinale (fermé au public). Les sources coulent toujours aujourd’hui, elles vont se jeter dans la rivière l’Andelle à la sortie de Forges-les-Eaux mais ne sont plus utilisées de quelques manières que ce soit.

L’hôtel «Forges Hôtel» construit dans les années 1990 (Club Med à l’origine) dans le parc du Casino, est aujourd’hui un établissement 3 étoiles, centre de remise en forme (Domaine de Forges/ Groupe Partouche).

 

 

 

Statue des trois sources

Cette jolie fontaine en bronze représente trois statues de femmes identiques. Elle a été réalisée par l’artiste Normand Jean Marc de Pas à l’occasion du passage à l’an 2000. Elle symbolise les trois sources ferrugineuses de Forges : la Reinette, la Royale et la Cardinale.

Les villas

Ces élégantes villas construites à proximité du Casino datent de la fin XIXème début XXème siècle. Elles sont un superbe exemple de l’architecture de villégiature qui  se développe à cette époque dans les villes d’eau.
D’abord construites pour être louées  aux curistes  en villégiature dans la station thermale, elles deviennent rapidement des lieux d’habitation permanents.

Ces cottages utilisent les matériaux à la mode de cette époque qui grâce au développement industriel et au chemin de fer sont accessibles et abordables : briques, métal, verrières…
Une promenade rue Hébertot et  rue Cyprien Riden permet d’en découvrir toute l’originalité et la richesse de style.

D’autres superbes exemples sont visibles rues Lemarié, Godouet, Marette et Beaufils : elles datent du début du XXème et étaient destinées à être occupées toute l’année et non plus à la location. Elles furent souvent construites par la bourgeoisie forgionne qui vivait de ses rentes.

Manoir de l'Epinay

Cette superbe bâtisse située à l’entrée de Forges, à l’angle de l’avenue des Sources et de l’Avenue Mathilde date de 1863, mélange de style entre le manoir anglais et le chalet suisse. Elle fut la propriété de la Famille de Montalent, et servait de lieu de réception notamment lors des grandes parties de chasse puis qu’elle était située au cœur du Bois de l’Epinay.

Aujourd’hui, cette bâtisse dont la structure a été pas mal modifiée par rapport à l’origine, appartient au Domaine de Forges 

Bois de l'Epinay et lacs

Cet espace situé face au Casino représente l’un des principaux attraits de la ville.
Développé entre deux rivières, l’Andelle à l’est et la chevrette à l’ouest, le bois de l’Epinay offre une grande diversité de milieu naturel et couvre une surface d’environ 75 hectares.
Les essences y sont très variées mais certaines parties présentent une forte dégradation due à leur surexploitation au XIXème par les briqueteries, les forges et les faïenceries.
Les étangs ne sont pas naturels, ils ont été aménagés sur d’anciennes tourbières dans les années 1980, permettant ainsi de rendre l’espace plus accueillant.

Aujourd’hui protégé et classé espace naturel sensible du Département, cet endroit offre 4 jolies promenades ouvertes au public (promenades écologiques et forestière) :
-          Le Miroir aux oiseaux (550mètres) permet de longer le 1er étang. C’est une zone humide ou la végétation est choisie pour contribuer à la consolidation des berges avec un aménagement paysager du bassin.
-          Etangs sauvages (450 mètres) : crées en 1989 sur un marais tourbeux, ils sont étagés sur deux niveaux et séparés par des digues de terre. Alimentés par la rivière l’Andelle qui prend sa source en amont dans le bois. Aménagement plus sauvage contribuant à la nidification des oiseaux et canards. La promenade longe un seul côté.
-          La Hêtraie (1.250 mètres): cette promenade permet de découvrir la partie boiser du Bois de l’Epinay. La présence nombreuse de bouleaux est dû au fait qu’après l’exploitation de cet espace par l’homme pour les forges, les briqueteries, les faïenceries… seul cette essence a su recoloniser ce milieu naturellement.
-          La Chevrette (850 mètres) : La source est matérialisée dans le bois par une petite cabane en bois, aménagement déjà présent au XIXème. Un kiosque était présent aussi à cette époque, disparu depuis. Pour comprendre l’originalité de cette source de la chevrette, il faut savoir qu’il y a environ 130 millions d’année se déposaient dans une mer peu profonde des sables et du fer provenant du démantèlement des massifs granitiques continentaux. Ces formations mises à nues par l’érosion, sont traversées par l’eau de pluie et les multiples rus souterrains qu’elle engendre. Celle-ci dissout et entraine les oxydes ferriques contenus dans les sables. Dans cette eau légèrement acide, le fer reste en suspension, ce qui explique cette curieuse couleur que l’on découvre tout au long du parcours.
La Chevrette se jette ensuite dans l’étang de l’Epinay, ouvert à la pêche.

Stèle souvenir

En prenant le chemin au départ du Gîte Relais du Chasse marée vers La Ferté St Samson, vous passerez devant une stèle . Arrêtez-vous un petit instant et pensez à eux , ils n'avaient que 20 ans pour la plupart ...

 

Halifax HD-R du 466th RAAF Squadron
( Royal Autralian Air Force )

De l'enquête effectuée sur les lieux supposés du crash, de l'audition de différentes personnes et d'après les renseignements et documents fournis par le fils de M CAMP, Le Musée de la Résistance de Forges-les-Eaux a pu reconstituer l'historique du Halifax et de son équipage.

Le 18 avril 1944 a 21h16, le Halifax MK III, HD-R , n° LV 956 du 466th squadron de la RAAF, ( Royal Australian Air Force ), décolle du terrain de Leconfield ( Yorkshire ) . Sa mission : bombarder les installations ferroviaires de Tergnier ( N de Soissons ).
L'itinéraire aller passe au-dessus de Dieppe, Londinières, Grandvilliers, Vic-sur-Aisne puis Tergnier. Le retour quant à lui passe par le survol de Roye, Conty, Poix-de-Picardie, Aumale et Dieppe.
Il est important de signaler cet itinéraire, car nous constatons que pour le retour de la mission, laquelle s'était passée sans incident, l'avion a pris un itinéraire plus au Sud que la route prévue et c'est pour cette raison qu'il a été pris sous le feu de la flak allemande et de la chasse de nuit au N-E de Rouen.
Après avoir été touché par la flak ( DCA ) et les tirs de l'Oblt Martin DREWES du III/NJG 1 ( chasse de nuit ) en plusieurs endroits ( arrière et soute à bombes ), le bombardier prend feu immédiatement. Le pilote CASEY, et les 2 mitrailleurs SWAN et LYALL sont tués par les explosions des obus. Tout le système intercom est détruit , l'avant brûle et l'avion se met à piquer. C'est à environ 4000 pieds ( 1300m ) que les 4 survivants ont pu abandonner l'appareil. Il était environ minuit. Les 4 membres de l'équipage se sont retrouvés dispersés après le saut et ont chacun de leur côté tenté de se diriger vers le SUD pour regagner l'Espagne puis l'Angleterre, avec plus ou moins de succès.
Ils avaient pour consigne de rester cachés au moins 24h avant d'entreprendre toute marche.CAMP et WALLACE après de multiples péripéties ont pu regagner l'Angleterre.WEIZEMAN et RICHARDS ont eu moins de chance et ont été faits prisonniers quelques heures après puis transférés dans un camp de prisonniers de guerre en Allemagne.

Pour plus d'informations n'hésitez pas à aller voir le Musée de la Resistance et de la Déportation - Rue du Maréchal Leclerc 76440 FORGES LES EAUX - 02 35 90 64 07 (de 14h à 18h)